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Mar 9, 2015

Une minorité, la femme ?

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Si les pays scandinaves peuvent s’enorgueillir d’une équité homme/femme en politique (la chose n’est pas vraie dans le monde professionnel cependant), c’est que le combat mené par des femmes déjà il y a 40 ans « n’était pas dirigé contre les hommes, mais contre le système. » Aujourd’hui en France, voici le tableau : la femme politique est plus diplômée que son homologue masculin, pour pallier son erreur de sexe. Elle est issue d’une famille aisée, souvent née d’un père ayant baigné dans la politique, en union libre ou divorcée, et sans enfant ou avec enfant(s) ayant atteint(s) l’âge de 10 ans. Nous voilà bien loin de la représentation du peuple. Parce que si la question de la parité est présente dans la loi, celle de la représentativité — des femmes, mais aussi de nombreuses « minorités » — n’est même pas à l’ordre du jour. Notre pays serait-il peuplé à 74% d’hommes de plus de 53 ans ? C’est pourtant ainsi que nous sommes grossièrement représenté-e-s au Parlement.

C’est à l’échelle politique, nationale et locale que les actions doivent être menées : le progrès passe par l’éducation populaire, pas par des solutions de secours, souvent mises en œuvre par des associations d’ailleurs. C’est sur cette réalité que se «fondent» les actes terrifiants des terroristes de Boko Haram : si ce sont des petites filles et des femmes qui sont enlevées, ce n’est pas par hasard. Dans ce contexte, les « débats » français sur les couleurs de cartables roses pour les filles et bleus pour les garçons sont tout à fait dépassés et ridicules. Plutôt que de décortiquer la palette chromatique, on ferait mieux de se pencher sur la vraie vie, qui place souvent les femmes en faiblesse dans la société et donc face aux hommes. Vivre ensemble, c’est d’abord apprendre aux petits garçons et aux petites filles les particularités des sexes. Il ne s’agit pas d’égalité, mais d’équité.

Les choses évoluent, peut-être plus vite qu’on ne le pense, mais ce qui reste vrai, c’est qu’il est souvent nécessaire pour une femme d’«épouser» le fonctionnement masculin pour se hisser vers des postes à responsabilités. Nous le vivons toutes au quotidien : prenez la parole en public, il y aura toujours un homme pour vous couper la parole, même s’il dit la même chose que vous. Une idée sonne plus juste si elle est prononcée d’une voix grave ? Une étude scientifique financée par des lobbies machistes nous le prouvera un jour !